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  • "2224 Kolkata" in Frankfurter Allgemeine Zeitung

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    12 November, 2015

    Traduction française de l'article écrit par Jakob Strobel y Serra et publié dans le Frankfurter Allgemeine Zeitung au sujet de mon livre '2224 Kolkata':

    "Le seul texte dans ce livre est une phrase de Pier Paolo Pasolini : "Ce sont les premières heures de ma présence en Inde, et je ne sais pas dominer la bête assoiffée, en moi emprisonnée, comme en cage".

    Rien d'autre,  pas de légende commentée, ni de préface ni de commentaire à la fin,  et surtout aucun mot pour le lecteur de la part du photographe, juste cette phrase.

    Peu de temps suffis pour comprendre que ce livre n'a pas besoin de mots supplémentaires.

     

    Le photographe français Pierre Defaix  jette ce livre troublant avec un titre énigmatique à la figure des lecteurs.

    « 2224 Kolkata » est le titre, sans explication supplémentaire, sans expliquer s’il s'agit d'une date, d'un numéro de rue , d'un code secret ou d'une formule divine.

    Pas de temples, pas de palais, pas de pièces d’héritage de l'empire britannique à voir, pas une seule photo sur laquelle on pourrait reconnaître qu'il s'agit de Calcutta.

    Et pourtant chacun qui a été une fois dans cette ville  indescriptible et folle  reconnait que ses images viennent de là-bas . C'est là qu'on reconnait le coup de maître de Pierre Defaix : on ne voit rien de Calcutta et pourtant on voit tout.

    On voit des mains, des pieds, des têtes vues de dos, des rides, des bout de papiers déchirés, des décharges, des graines de grenade , des câbles, des tuyaux, des racines montantes, des nuages de fumée, des infirmes, des coiffeurs de la rue, des charognards , des "cuisines", des cuisses de poulet coupées, des plumages tachés de sang, de la viande sur des crochets , des morceaux de foi sur le sol, des écailles de poisson sur des pieds nus , des silhouettes sales sur des caniveaux, des fleurs fanées, les seins gorgés d'une statue de divinité, le dos savonneux d'une personne qui vit toute sa vie dans la rue,  le dos voûté presque  horizontal d'une vieille femme, une tête de chèvre coupée qui semble nous observer d'une façon moqueuse.

     

     

    UNE PROXIMITE SOLIDAIRE joue avec la netteté, des surexposions : presque toujours le photographe semble perdre le contrôle sur lui-même et sur son appareil photo. Il a dû se sentir exactement comme Pasolini, envahit et en même temps incommodé, enthousiaste et en même temps anxieux face à cette overdose de vie crue et d'une vérité nue dans une ville qui est un choc intense pour chaque visiteur.

    A Calcutta on est emporté par l'immense foule des êtres comme par un fleuve en crue, on perd l’équilibre, la vue d'ensemble, le raisonnement, titubant dans cette immense ville qui fait de nous ce qu'elle veut, se noyant dans un tourbillon sans repos, cherchant de l'air et n'espérant qu'une chose c'est que notre tête n’éclate. 

    C'est certainement pour cette raison que le photographe cherche à se centrer dans de petits extraits, dans des détails, dans une feuille, dans le sabot d'un mouton, une mèche de cheveux, un nombril.

     

    Autant l’appareil photo  se rapproche des corps sans retenue, montrant sans gêne chaque ride profonde, chaque ongle déformé, autant aucune des images n'est une humiliation ou une abjection. Il s'agit d'une proximité solidaire et aucunement d'une proximité de voyeurisme. C'est le paradoxe créé qui fait que ces photos paraissent encore plus et profondément humaines tout en montrant la dureté de l’existence. C'est pour cette raison que ce livre n'est pas un livre triste et douloureux, malgré qu'il montre parfois misère et saleté.

     

    2224 Kolkata reste un document qui exprime la  perplexité et ne prétend pas d'expliquer Calcutta. Comment serait 'il possible d’ailleurs? Personne ne peut comprendre cette ville, personne ne peut expliquer comment elle fait pour ne pas désespérer, ne se détruit pas par elle même.

    Personne ne sait pourquoi elle se réveille chaque matin dans une indestructible ténacité de passer sa journée à rien d'autre qu'à survivre. Personne ne sait ou se trouve le bonheur à Calcutta dont chaque être humain a besoin pour respirer. Encore moins Pierre Defaix. Aucune de ses images ne montre la moindre approche d'une idylle, aucune permet de deviner un lieu ou on aimerait se trouver. Et malgré tout on est assoiffé comme la bête dans la cage de voir tout ça de ses ses propres yeux."

  • Exhibition: 12. SEPTEMBER – 18. OCTOBER 2015, FORUM FÜR FOTOGRAFIE, COLOGNE

    Exhibition: 12. SEPTEMBER – 18. OCTOBER 2015, FORUM FÜR FOTOGRAFIE, COLOGNE

    So glad to be part of the PEPERONI PHOTOBOOKS's group show which is curated by Hannes Wanderer, the Berlin based publisher of Peperoni Book:

    PEPERONI PHOTOBOOKS /// A DECADE OF PUBLISHING

    +++ It´s not a book +++
    +++ It´s a show about books +++

    Since more than 10 years Hannes Wanderer publishes photobooks labeled ›Peperoni Books‹. Now the ›Forum für Fotografie‹ in Cologne dedicates an extended show to the Berlin based publishing house presenting all books published so far and excerpts from works by 8 photographers, that have been published by ›Peperoni Books‹.

    Exhibition: 12. SEPTEMBER – 18. OCTOBER 2015
    VERNISSAGE: SATURDAY, 12. SEPTEMBER 2015, 4 PM

    FORUM FÜR FOTOGRAFIE
    SCHÖNHAUSER STRASSE 8
    50968 COLOGNE
    GERMANY

    www.forum-fotografie.info

    When the first Peperoni Book ›Time Out‹ was published in 2004, it was not clear if others would follow. But the feedback was so good that Hannes Wanderer with his passion for photography and well made books couldn´t say no, when Stefan Canham, Rufina Wu, Henrik Spohler, Julia Baier and other artists presented their extraordinary projects. Together they made exciting books and many others should follow.

    But it has not been a rocket start. In fall 2008 the first ›Fotobookfestival‹ opened its doors in Kassel and Hannes Wanderer presented 10 Peperoni Books published in a 4-year period. Then things started to get going. Hannes Wanderer left his agency to concentrate on making and publishing books. He opened the photobookstore 25books and extended the panoply of his publishing house. More international topics, wider ways of distribution, artists from Germany and abroad published their books with Peperoni Books and first big names placed their trust on Hannes Wanderer.

    Now the publishing house exists since 10 years and about 100 books have been released. Books by worldwide known artists as well as newcomers from Europe, Asia, Russia and the USA. No catalogues, no artist portfolios, but each an individually designed book with a topic – artistic, documentary, poetic, serial, without words or with extended text records by assorted writers. Relevant topics of contemporary history can be found as well as very personal work dealing with family and friends.

    The collaboration with the artists is very close and ongoing. Many photographers are part of the programme with more than one book, with Michael Wolf Hannes Wanderer has even made 15 books in a 6-year period, among them world wide successes as ›Tokyo Compression‹, ›Architecture of Density‹ and ›A Series of Unfortunate Events‹. Many Peperoni Books and the presented works have won national and international awards.

    With the exhibition ›Peperoni Photobooks – A Decade of Publishing‹ we want to celebrate the remarkable development of this one man publishing house from Berlin and of course all Peperoni publications so far are exhibited – to touch, study and enjoy. But we are especialy happy that we can also present work from different photographers who have recently published books with ›Peperoni Books‹ and which represent the wide topical and geographical range of the publisher.

    Michael Wolf. born in Germany but raised in the USA presents photographs taken in his chosen hometown Hong Kong. French photographer Pierre Defaix shows images from Kolkata, India. Gerry Badger from Great Britain has photographed in Berlin. Berlin based photographer AndreasTrogisch made BW-pictures all over the world. Alex Pardi from Italy shot his pictures in Milan and Jens Liebchen from Berlin shows images he photographed during a three year stay in Tokyo. Dagmar Kolatschny lives in Berlin and she also took her pictures for ›Sunny‹ here, as Dana Stölzgen from Cologne photographed in Georgia, Italy and Germany.

    You are cordially invited to visit the show.

    Forum für Fotografie and Peperoni Books /// No book but a big show about books